Au Moulin, la lutte contre le gaspillage alimentaire n’est pas un slogan. C’est une façon de faire, construite brique par brique, qui touche à la fois à la production, aux équipes, au quartier, et à ceux qui en ont besoin.
Voilà comment ça se passe, en vrai.
On produit ce qu’on va vendre ; pas l’inverse
Tout commence avant même que les fourneaux ne s’allument. Chaque semaine, ce sont les équipes de vente qui commandent à la production. Pas de chiffres tombés du ciel : elles s’appuient sur l’historique des ventes, les conditions météo, les événements du moment, les tendances de la semaine…
Et en milieu de semaine, on réajuste. Si la météo bascule, si un grand événement vide les bureaux du quartier, si les salades partent moins vite que prévu… on adapte.
Ce système de flux tiré, c’est notre première ligne de défense contre le gaspillage alimentaire. Produire au plus juste de ce qu’on va réellement vendre, plutôt que de produire en masse et de gérer les restes après.
Le frigo équipe : rien de consommable ne se perd
Malgré toutes ces précautions, il arrive qu’un plat ne parte pas en vente ; parce qu’il reste en fin de journée, ou parce qu’il ne répond pas à nos standards qualité. Un exemple concret : un matin de mai, toute une fournée de quiches est sortie du four sans œuf dans l’appareil à quiche. Délicieuses, mais pas conformes à ce qu’on propose à nos clients. Elles n’ont pas fini à la poubelle.
Sur chaque site, un frigo est réservé à l’équipe. Tout ce qui sort du circuit de vente mais reste parfaitement bon y atterrit. À chaque pause déjeuner, toute l’équipe s’y sert en priorité, parce qu’au Moulin, on adore bien manger, et ce principe s’applique d’abord à ceux qui cuisinent.
Le frigo solidaire : ouvert à tous, tous les jours
Devant notre boutique du 40 rue Marietton, dans le 9e, il y a un frigo. Pas un frigo ordinaire : un frigo solidaire, en partenariat avec Les Frigos Solidaires.
Le principe est simple : on y dépose nos invendus, les voisins peuvent y ajouter des produits frais, secs ou emballés, et ceux qui en ont besoin se servent librement, dignement, sans avoir à se justifier. Un frigo ouvert sur le quartier.
Linkee : quand les buffets sont trop grands
Il arrive qu’on prépare un buffet pour un événement ; et que les quantités commandées dépassent ce qui a été consommé. Il arrive aussi, en veille de fermeture annuelle, qu’il reste des stocks qu’on ne pourra pas écouler.
Plutôt que de jeter, on appelle Linkee. Cette association collecte les excédents alimentaires et les redistribue à des étudiants en situation de précarité. Une solution concrète pour les moments où nos circuits internes ne suffisent plus.
Quatre dispositifs, une seule logique
Flux tiré, frigo équipe, frigo solidaire, partenariat Linkee : ces quatre dispositifs ne s’excluent pas, ils se complètent. L’un gère l’amont (la production), l’autre le quotidien des équipes, le troisième ouvre vers le quartier, le quatrième couvre les imprévus.
Ce n’est pas parfait, et on ne prétend pas avoir tout résolu. Mais ces dispositifs existent parce que les équipes les ont construits et les font vivre au quotidien.
On préfère faire que raconter. Mais de temps en temps, ça vaut le coup d’expliquer comment on fait.